In memoriam Philippe BOIS (HMG’64)
Retour sur le parcours de Philippe BOIS, qui fut enseignant-chercheur reconnu dans le milieu de l'Hydraulique
Retour sur le parcours de Philippe BOIS, qui fut enseignant-chercheur reconnu dans le milieu de l'Hydraulique
(par Julien Némery, Christophe Rousseau, Eric Barthélémy, responsables actuels de la station)
Avec la création de la station hydrométrique Grenoble-Campus, au bord de l'Isère, Philippe Bois nous a légué un magnifique outil d'enseignement et de recherche. Depuis sa création en 1992, tous les ans, des dizaines d'étudiant-es sont formé-es aux secrets de la mesure de débit en rivière. Cette station de mesure, intégrée à la plateforme Obs-Eau est aussi une référence pour les acteurs et opérateurs locaux de l'eau qui nous demandent régulièrement les données hydrologiques acquises sur cette station. Ces données sont aussi le support de nombreux travaux de doctorant-es sur des domaines aussi variés que l'hydrologie, l'hydraulique, le transport sédimentaire, la qualité de l'eau, l’instrumentation. La station Grenoble-Campus fait partie d'un réseau d’observation de la Zone Atelier Bassin du Rhône depuis 20 ans et fait référence dans la communauté scientifique.
A travers les travaux qui sont menés à cette station, l'héritage de Philippe est immense et nous sommes heureux de pouvoir faire perdurer cette plateforme expérimentale grandeur nature. Nous aurons toujours une pensée pour Philippe quand nous ferons nos mesures.
NOTE - Cette année, Esther Lecoeur et Mayalen Pujol, deux étudiantes de l’Ense3, ont contribué à la parution publique des données de la station depuis 1994 : https://bdoh.inrae.fr/ARC-ISERE/GRENOBLE-CAMPUS/DEB. Un descriptif de la station est donné ici : https://ense3.grenoble-inp.fr/fr/plateformes/station-hydrometrique-isere-campus
« J’ai eu la chance de connaître Philippe comme professeur, chercheur, puis, à la toute fin de sa carrière et au tout début de la mienne, comme collègue.
Philippe était un professeur peu conventionnel, dont les cours pouvaient sembler joyeusement désordonnés : une simple question pouvait nous emmener des Kerguelen au Niger, des Alpes jusqu’à l’Amérique du Sud. Mais derrière cette apparente dispersion se cachaient une expertise hydrologique remarquable et une grande rigueur scientifique.
En tant que chercheur, Philippe privilégiait les collaborations, sans beaucoup se soucier des frontières entre équipes ou disciplines. Il savait conduire les doctorants et les jeunes chercheurs vers les bonnes questions, sans jamais imposer ses propres réponses et en transmettant ses conseils avec beaucoup d’humour et de bienveillance.
Philippe nous laisse une culture scientifique et pédagogique où la théorie ne se sépare jamais du terrain et où l’esprit critique va de pair avec la liberté de penser. Une culture fortement partenariale, fondée sur cette conviction que l’enseignement et la recherche ne peuvent vivre repliés sur eux-mêmes, mais se nourrissent de l’échange avec les acteurs du terrain, les services de l’État, les entreprises, les collectivités et, avant tout, avec les femmes et les hommes qui les font vivre.
Par-dessus tout, son héritage vit dans toutes celles et tous ceux qu’il a formés : le jour de son dernier cours, des anciens élèves de tous âges, devenus hydromètres experts, concepteurs d’ouvrages hydrauliques, gestionnaires de barrages ou de ressource en eau, chercheurs, dirigeants d'entreprises hydro-électriques ou de services de prévisions de l'Etat ... étaient revenus s’asseoir dans l’amphi à côté de la dernière promotion, pour lui rendre hommage. Je crois qu’il n’y a pas beaucoup de professeurs à qui cela arrive. »