Décès de Jean-Louis Lacoume

Ancien élève de l'École Normale Supérieure, assistant à l'Université d'Orsay et Maître de Conférence à l'Université de Paris VI, professeur des Universités à l'Université Grenoble 1, puis à l'Institut National Polytechnique de Grenoble, Jean-Louis Lacoume s'est éteint samedi 17 janvier 2026.

Ancien élève de l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm, agrégé de physique en 1964, docteur d'état en 1969, il est devenu Professeur des Universités à l'Université Grenoble 1 en 1972, puis à l'Institut National Polytechnique de Grenoble, au sein de l'ENSIEG* en 1975, après avoir été assistant à l'Université d'Orsay et Maître de Conférence à l'Université de Paris VI. 

Dès son arrivée à Grenoble, il a assuré des responsabilités institutionnelles importantes. Il est devenu directeur du Centre des PHénomènes Aléatoires de Grenoble en 1972, et a passé la main à Geneviève Jourdain en 1989.  

Il a ensuite dirigé le Laboratoire des Images et des Signaux pendant quatre ans à partir de 1998, avant de passer le flambeau à Jean-Marc Chassery.

Après sa retraite fin 2005, ses activités ne se sont pas arrêtées. Il fût nommé expert pour l'analyse de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse en 2001 avec ses collègues F. Glangeaud et M. Dietrich. Il travailla jusqu'aux années 2020 comme expert pour le LETI/CEA, mais également comme Professeur Émérite au sein du GIPSA-Lab, co-encadrant des étudiant·es et développant des recherches avec ses collègues. 

Physicien, expert de géophysique externe, il a développé une école de géophysique au sein du CEPHAG en attirant et formant de nombreux collègues géophysiciens (F. Glangeaud, G. Lejeune, W. Kofman, \ldots). Il a notamment créé avec F. Glangeaud le centre de traitement des signaux sismiques. Le G du CEPHAG a changé de signification en 1975 sous son impulsion pour devenir Géophysique. 

Spécialiste des ondes dans les milieux inhomogènes et anisotropes, il a été pionnier dans l'utilisation des ondes pour le sondage des environnements terrestres, de l'ionosphère aux couches internes de la Terre. Il a toujours soutenu fortement l'étude de l'environnement sous-marin, spécialité première du CEPHAG né dans les années soixante sous l'impulsion de G. Bonnet et H. Mermoz. Ses travaux l'ont conduit à devenir un scientifique reconnu et apprécié internationalement. 

Outre ses nombreux travaux en géophysique, ses apports en théorie du signal sont multiples et fondamentaux : méthodes de localisation de sources, formalisation de la séparation aveugle de sources et de la théorie des statistiques d'ordre supérieur pour le traitement du signal, apport de la cyclostationnarité en mécanique et en communications numériques. 

Jean-Louis Lacoume a participé au façonnement de la communauté nationale de traitement du signal. Très impliqué au sein de l'association GRETSI fondée en 1967, il a été l'initiateur et le créateur de la revue francophone Traitement du Signal qui a existé pendant près de quarante années. Il en a été le rédacteur en chef durant plus de vingt ans, aidé par Jeanne Malbos et de nombreux collègues. Il a participé au développement de la discipline, en l'enseignant à l'INPG, mais également en rédigeant des ouvrages à destination des étudiant·es et des chercheur·es.

Jean-Louis Lacoume a encadré ou co-encadré de nombreuses doctorantes et doctorants. Il leur a transmis sa passion et son enthousiasme pour la recherche. Beaucoup ont trouvé leur place dans le monde académique. Il était toujours disponible pour eux, prêt à noircir d'équations quelques pages de son écriture redoutée et les laisser repartir développer ses conseils.

La communauté du traitement du signal a la chance inouïe d'avoir eu en son sein un scientifique de la qualité de Jean-Louis Lacoume. Nul doute qu'il inspirera encore longtemps les élèves qui ont eu le privilège de le connaître et de le suivre.

Nous adressons nos sincères condoléances à l'ensemble de sa famille et ses proches.

 

* Aujourd’hui Grenoble INP – Ense3, UGA

Crédit photo : GIPSA lab