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Témoignage : Laurent Dejeu

Stage à Okayama au Japon par Laurent Dejeu

Ancien élève d'Ense3, Laurent Dejeu à choisi comme destination le Japon afin d'y réaliser son stage. Son intérêt pour le japon s'est développé lors d'une conférence donnée par le Pr. Chenevier en octobre 2018 à Ense3. Il est alors parti pour 8 semaine dans un dépaysement total avec pour mission le développement de la recherche internationale à l'université.
Laurent Dejeu s'est alors rendu à Okayama University qui est une université généraliste qui accueille environ 15 000 étudiants, classée parmi les 15 meilleures du Japon.


LogementUniversite Okayama

Pour ma part, le logement a été organisé par l’université. En effet, l’Université d’Okayama dispose de 3 dortoirs.L’avantage est d’une part d’échapper aux formalités de recherche et contact pour un logement particulier (bien que cela doit être possible dans le cas où vous ne voudriez pas être en résidence étudiante). Cependant je conseille vivement de suivre cette procédure, car outre la facilité et la sécurité d’obtenir un logement (la secrétaire du laboratoire a pris en charge toutes les formalités dans mon cas), la localisation des dortoirs est proche du campus principal (5mn à vélo). Les prix sont aussi très attractifs, 16 000 yens par mois (136 euros) auquel il faut ajouter les charges d’eau, électricité et gaz de l’ordre de 1 500 à 3 000 yens (12 à 25 euros). Le premier mois, des frais d’admission de 30 000 yens sont exigée en plus du premier loyer. Cependant, les loyers doivent être acquittés dès que le mois est commencé: si vous partez en début de mois, vous devrez certainement payer le loyer de 16 000 yens pour le mois complet, même si vous partez le 3 ou le 4. Organiser ses dates pour partir à la fin du mois est donc une bonne idée. Il est possible aussi de louer la literie ou bien de l’acheter par vous-même, celle -ci n’étant pas fournie de base. Dans mon cas la location s’est élevée à 9070 yens (77 euros) pour trois mois. Le dernier avantage de ces dortoirs est qu’ils sont prioritaires pour les étudiants étrangers, d’où l’opportunité de faire des rencontres lorsque vous venez d’arriver, sans connection préalable avec d'autres étudiant(e)s. Ils sont conçus pour vous habituer à la vie japonaise (notamment le tri des déchets qui est différent et strict par rapport à la France). Par ailleurs, comme pour chaque résidence étudiante, il y a un règlement de la résidence qui peut paraître assez strict (interdiction de loger/accueillir des personnes étrangères au dortoir dans votre chambre…). Il est aussi interdit de fumer dans l’enceinte (y compris la cour en plein air) du dortoir, mais pour le coup c’est propre au japon (cf. paragraphe vie quotidienne).

Argent

Les paiements au Japon s’effectuent beaucoup en cash (restaurants, hôtels, courses quotidiennes…). Les cartes internationales Visa/Mastercard sont acceptées très souvent dans les restaurants et les hotels au-dessus d'un certain standing international. Mais pas partout. Le plus simple est donc de payer en espèces. Des distributeurs acceptant les cartes bancaires internationales (marqués ATM) sont à disposition dans les konbinis (type superettes), ouverts 24h/24h. Il y en a beaucoup. Vérifier avec sa banque avant de partir les possibilités de retraits (plafonds, frais d’opérations à l’international etc.) peut éviter des mauvaises surprises.

Santé

Pour être prévenu des risques de catastrophes naturelles ou autres, s’inscrire sur le site du fil Ariane (site web pour enregistrer en tant que ressortissant français un voyage touristique, professionnel ou personnel de moins de 6 mois) est nécessaire pour recevoir des consignes de sécurité le cas échéant par mail. S’assurer de sa couverture santé au Japon ainsi que les assurances rapatriement est aussi nécessaire. Sur place j’ai dû souscrire à d’autres assurances, d’un montant modeste (environs 2000 yens pour les trois mois), une sorte d’assurance si je me blessais lors de mon stage il me semble (en tout cas la secrétaire du laboratoire m’avait aiguillé dans toutes ces démarches administratives et ce n’est clairement pas à prévoir avant de partir).

Télécommunicatif

Le Japon a l’avantage de proposer de nombreuses aires de free Wi-Fi (dans les gares, aéroports, centres villes, centre commerciaux et konbinis).

Si vous voulez avoir accès à Internet n’importe où, les deux solutions que je connais sont la Pocket Wi-Fi ou la carte Sim. Je recommande cette dernière solution, car moins cher que la Pocket Wi-Fi.

C’est d’ailleurs assez simple de s’en procurer, il suffit d’aller dans des magasins d’électronique type BIG Camera, sur place pas besoin de souscrire d’abonnement ou de ligne japonaise, vous pouvez payer pour obtenir une carte Sim avec un certain de nombre de gigas disponibles, pour une période donnée. Si vous consommez toutes vos données, il suffit de retourner au magasin pour la recharger.

Vie universitaire

Okayama University est une université généraliste qui accueille environ 15 000 étudiants (12 000 en undergraduate et 3000 en cursus Master+Doctorat). Elle est classée parmi les 15 meilleures du Japon.

Il y a possibilité de pratiquer des sports sur place. Je ne connais pas trop le système administratif de l’université, dans mon cas toutes les formalités administratives (avant mon départ pour le japon, passeport, logement… et sur place comme les identifiants pour se connecter aux serveurs de l’université) ont été faites avec la secrétaire de mon laboratoire. Etant enregistré comme étudiant en stage de recherche, je n’avais pas de cours à suivre, ce qui est le cas de tous les étudiants en master de recherche du laboratoire (Heat Power and Laboratory). Il y a trois professeurs encadrants les projets de recherche, avec leur bureau personnel dans le bâtiment du laboratoire. Les étudiants peuvent les solliciter lorsque les professeurs sont dans leur bureau., ou bien via l’application Slack, sur le groupe avec tous les membres du laboratoire (sur cette application sont données les dates de réunions, informations concernant la vie du laboratoire, il y a possibilité d’envoyer des messages privés aux membres du groupe).

Stage

Mr Bernard Chenevier, Directeur de Recherche au CNRS - France - et actuellement en poste dans le cadre d'un détachement auprès de l'Université d'Okayama est en charge du Développement de la Recherche Internationale. Il a en particulier mis au point un programme destiné à des étudiants Internationaux pour effectuer un stage de recherche d'au minimum 3 mois dans des équipes de recherche de l'Université. Environ 150 étudiants européens, dont beaucoup de Français, ont benéficié de cette offre au cours des 4 dernières années.

C’est par lui que j’ai eu le sujet de stage et il m’a mis en contact avec le professeur encadrant. Ce point d'entrée unique est très efficace car il a établi des relations de confiance avec tous les professeurs dont il promeut les propositions de stage de recherche (plus de 100 dans tous les domaines de recherche de l'Université)

Le rythme de travail dépend des laboratoires. Au Heat Power Laboratory, le travail se fait en grande partie en autonomie et par projet de recherche. Il y a des réunions (Group meetings) avec les professeurs les samedis matin pour discuter de l’avancée du projet. On peut également les contacter dans leur bureau. Les horaires de travail sont complètement libres, les étudiants du laboratoire débutent la journée vers 10h. Ils peuvent partir plus ou moins tard le soir, selon le travail qu’ils ont à fournir ou leur envie (beaucoup d’étudiants restent à l’université également comme lieu de vie et pas uniquement de travail). Il est à noter que même si le travail en autonomie était légèrement déroutant pour moi, le niveau de connaissance des professeurs du laboratoire est très élevé : le professeur Tomita était par exemple convié à un meeting international au début de mon stage.
Certains stages peuvent être rémunérés.

Vie quotidienne

Durant l’été le climat est chaud et humide au Sud de Tokyo au Japon. Okayama n'échappe pas à ces conditions climatiques. On passe de la saison des pluies (du 15 juin au 15 juillet environ) à des températures de l’ordre de 35° et un fort taux d’humidité pendant le mois d’août. Le mois de septembre est plus supportable (température plus fraiche et météo moins humide).
Okayama​​​​​​​Les magasins ouvrent à partir de 10h en général. Certains restaurants peuvent fermer plus tôt qu’en France (vers 22h), certains proposent des prix très abordables. En général à Okayama les prix sont de l'ordre (voire inférieurs) à ceux pratiqués à Grenoble. De grandes chaînes de restauration (McDonald’s, pizza Hut, Dominos Pizza) sont présentes au japon, d’autres chaînes de restauration rapides servant de la nourriture japonaise sont assez courantes. Pour le reste, la nourriture japonaise est très variée, restaurants indiens, izakaya, sushi, ramen (nouilles), tempura, yakiniku (viande grillée), okonomiyaki (style d'omelettes variées cuites sur des plaques métalliques) …Il y a des opportunités de sorties (bowling, restaurants, bars, karaoké). Les konbinis sont ouverts 24h/24h (vente d’alimentaire principalement).
Pour les transports, il est très utile d’avoir un vélo pour se déplacer dans la ville qui est très étalée et au profile pratiquement plat. Il y a aussi de nombreux bus, mais bien moins pratiques.

Pour voyager dans le Japon, en fonction de la distance on peut choisir le train, le bus ou l’avion. Le bus reste le moins cher, pour le train le prix est fixe et est uniquement fonction de la distance (plus un supplément non négligeable si vous prenez le shinkansen). Il n’est pas nécessaire de réserver son billet à l’avance (pour le train uniquement), des bornes sont disponibles dans toutes les gares. Les horaires sont accessibles sur le site : www.hyperdia.com .

A noter que les espaces fumeurs sont différents au Japon. Ainsi vous pourrez fumer dans quasiment tous les bars et restaurants, mais dans la rue vous ne pourrez le faire qu’aux endroits dédiés (à proximité des gares, devant chaque konbini…).

​​​​​​​Bilan et Suggestion

Ce séjour a été une incroyable découverte d’une autre culture et d’une autre façon de vivre en général. Bien que le style de vie reste similaire dans l’ensemble à celui occidental, nombre et heures de repas dans la journée, vie citadine…(peut-être à cause de l’influence américaine après la 2nde guerre mondiale), les principales différences sont dans le rapport à l’autre (très respectueux) et bien sûr la barrière de la langue.

On peut notamment relever les différences suivantes : 

       ** Les logements et habits culturel: tatamis, ryokans, le port de yukata dans certains quartiers traditionnels de Kyoto ou Kurashiki.

       ** Respect de l'espace public. Les rues sont très propres bien qu’il y ait des poubelles uniquement devant les konbinis dans la rue.

       ** Respect très important du travail et de la hiérarchie. Il y’a d’ailleurs beaucoup de « petits emplois » au japon (peu de chômage). La plupart des étudiants ont un part-time job, et beaucoup de personnes âgées ont des emplois de gardiennage (pour les parkings à vélos par exemple, au sein même de l’université).

       ** La culture des onsen (bains thermaux traditionnels).

Si à l'Université la pratique de l'anglais par les professeurs est dans l'ensemble excellente, dans la région d’Okayama, peu de personnes rencontrées dans la rue parlent un anglais fluide. Il est par exemple courant de trouver des restaurants avec le menu uniquement en japonais, et des serveurs ne parlant pas anglais. Avoir des bases de japonais est bien sûr un plus non négligeable, mais pas indispensable (des applications de traduction permettent largement la communication de base).

Mes projets personnels et professionnels n’ont pas réellement évolué lors de ce séjour, j’étais venu pour un stage et je ne pense pas travailler au Japon dans le futur.

Cela dit, j’ai découvert un cadre de vie très agréable où je me suis réellement plu. Le Japon est en effet un pays où l’on se sent en grande sécurité, et où la vie n’est pas stressante. Cependant, cela est aussi dû au fait qu’à l’université j’avais un cadre de travail avec une liberté énorme (comme décrit plus haut) ; ce qui est différent du monde du travail en entreprise (des témoignages que j’ai eu renforcent un peu ce cliché de japonais ne comptant pas leurs heures au travail, et je pense qu’il s’agit de la principale source de stress chez les japonais).

De la préparation du logement à l’adaptation à la vie locale, la secrétaire et les membres du laboratoire m’ont beaucoup épaulé. Sans eux je n'aurais pas pu accomplir les formalités nécessaires à la mise en place du stage. Comme décrit plus haut, la secrétaire du laboratoire m’a accompagné dans toutes les démarches administratives (pour l’université, l’obtention du visa, le logement…). Lors des premières semaines, j’ai eu la chance de pouvoir compter sur des collègues pour me faire visiter la ville, pour des achats de première nécessité. Avant mon arrivée, j’avais pu discuter brièvement par mail avec un étudiant qui est venu me chercher directement à l’aéroport lors de mon arrivée.

 Pour tous ceux qui souhaitent partir, je conseille d’être au point sur toutes les procédures avant le départ (visas, formalités de l’université, assurances), ainsi que de se renseigner sur un ordre d’idée de budget et du financement de votre voyage (l’université demande d’ailleurs lors des procédures une sécurité financière, vous pouvez prévoir un budget un peu plus important selon vos désirs de voyages lors de votre séjour).

Concernant les modalités de la vie sur place, tout dépend de vous si vous préférez tout organiser ou aviser sur place. Pour ma part, exceptées les mesures citées plus haut, je suis totalement parti à l’aventure : j’ai découvert sur place les moyens d’accès à internet, les supermarchés, j’ai même dû acheter sur place les adaptateurs pour brancher les prises françaises sur le secteur japonais. Cela dit, les japonais en général, bien que certains puissent paraître timides, sont très bienveillants et fiers de leur culture. Ils sont donc très reconnaissants lorsque vous les connaissez un peu (amis, collègues de travail…) si vous leur montrez que vous appréciez votre séjour au Japon.

Japon

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mise à jour le 8 octobre 2019

Grenoble INP Institut d'ingénierie Univ. Grenoble Alpes